Entre Lumières

portadaENTRE LUMIÈRES

Lampes et appareils d’éclairage avec style
Teresa-M Sala (Université de Barcelone)

 

Il n’y a pas de lumière aussi domestique que la lumière nocturne, ni d’espace si privé comme celui faiblement illuminé par les lampes [1], avec ces mots l’architecte Luis Fernández-Galiano introduisit l’une des enceintes d’une exposition sur un espace intérieur en se référant aux lumières nocturnes. Il veut dire que l’espace privé se reconnaît dans l’éclairage nocturne, qui, selon le moment, pourrait-être la flamme d’une bougie qui tremble, ou des abat-jours qui projettent des formes coniques incandescentes comme phares domestiques. La lumière transfigure ce qu’elle touche et la variété des lampes n’est pas si importante comme la variété de lumières. Cést ainsi que les fontaines lumineuses déterminent une atmosphère déterminée.
Écrire sur un type d’engin aussi familier que les lampes, nous conduit à une réflexion sur sa propre apparition et fonction, qui changea le long du temps. Comme introduction, nous évoquerons certaines considérations, qui en aucun cas doivent

être une histoire, ni une séquence stylistique. En fait, nous voulons vous offrir quelques ingrédients qui peuvent servir pour une future étude approfondie de l’histoire fascinante de la lumière humaine [2].

Au XIXe siècle, le désir de prolonger la durée du jour dans la nuit est devenu de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’apparût l’éclairage avec lumière de gaz et changeât la manière de vivre et de dormir. La lumière et l’obscurité, aussi bien du jour comme de la nuit, marquent les étapes du travail, du repos et du sommeil des humains. Les lumières et les ombres diurnes ou nocturnes peuvent créer un monde de sensations de très diverses perceptions. Nous pouvons suivre les traces du concept d’ostentation jusqu’à celui de l’intimité à partir du XVIIIe siècle et le long du XIXe siècle, selon ce que nous pouvons dénommer comme l’art de vivre. L’hygiène et les nouvelles conditions de confort marquent les tendances dans les programmes architectoniques et décoratifs. Dans l’Élargissement, les nouvelles constructions ont une meilleure ventilation et plus d’éclairage naturel.

 

L’éclairage à gaz dans les rues a créé une sensation de sûreté, il permettat de circuler sans peur. Bien que, dans les espaces intimes des maisons ce nouvel éclairage étrange ne requérait pas la même attention que les lampes d’huile ou les chandelles, il produisît quelques accidents domestiques, puisqu´il consommait plus d’oxygène et les personnes souffraient de maux de tête dans les pièces mal aérées.

 

L’écrivain Edgar Allan Poe (1809-1849), dans , la Philosophie du mobilier [3], nous parle de l’éclairage dans les intérieurs américains de son époque, et dit textuellement: “Nous sommes violemment amoureux du gaz et du verre. Le premier est totalement inadmissible dans les intérieurs. Sa lumière âpre et inégale offense
la vue. Aucune personne avec un cerveau et des yeux ne l’utilisera. En revanche, une lumière moyenne,
ce que les artistes appellent une lumière froide – avec ses ombres chaudes correspondantes – fera des merveilles, même dans une pièce mal fournie. Il n’a jamais existé meilleure invention que celle de la lampe astrale. Nous faisons allusion, bien entendu, à la lampe astrale proprement dit, celle d’Argand, avec son original abat-jour en verre transparent et ses rayons de clair de lune si doux et uniformes” [4]. Cette lampe, inventée par le physicien suisse Argand, populairement connue par quinquet, produit une lumière équivalente à celle que produisait 6 ou10 bougies. Le quinquet supplanta rapidement toutes les autres variantes de lampes d’huile, on fabriqua une grande variétés de formes décoratives. En tout cas, l’éclairage intérieur était peu abondant, ou au moins ponctuel, avec des points déterminés de lumière, comme nous voyons dans les descriptions littéraires du moment. Ainsi, par exemple, dans son roman “La febre d’or”, Narcís Oller décrit un intérieur commode où il y a “un éclat chatoyant de l’araignée magnifique” ou “des lampes mirifiques de bronze pendaient du plafond” bien qu’il domine l’obscurité de la maison. Ce n´est qu ‘à la fin du XIXe siècle que la vie nocturne deviendra plus brillante avec l’arrivée de la lampe incandescente. C’est une invention qui boulversera la vie des personnes de telle manière que, de nos jour, nous ne pouvons pas imaginer un monde sans électricité. Les appareils d´éclairage artificiel ont les diverses formes selon les époques. En fait, tout au long de l’Histoire, se sont fabriquer des appareils qui avaient à voir avec des inventions qui ont servi à illuminer la nuit, et pendant le XIXe siècle es fontaines lumineuses de gaz et électriques coexistent pendant un temps. Ils sont importants comme objets décoratifs et adoptent différentes formes et styles. Cependant, l’installation de lumière électrique dans les villes apportera comme conséquence un bienfait dans l’éclairage des intérieurs.
Cela se traduit par une amélioration du confort et aussi dans la prolifération de nouveaux dessins d’appareils de lumières. Dans l’époque du Modernisme, beaucoup d’ateliers ont créé des appareils d’éclairage comme lampes, lustres, candélabres et réverbères avec parfois des systèmes d´alimentation mixtes, gaz et électricité.
Si nous examinons des peintures ou des photographies d’intérieurs de l’époque nous pouvons distinguer différents types des engins mentionnés. Les détails du quotidien sont présents dans des images peintes où les effets de la lumière sur les objets nous rappellent à la peinture hollandaise du XVIIe siècle. Ainsi, par exemple, des scènes de femmes lisant avec clarté et intimité, caractéristique de l’éclairage nocturne. L’un des peintres qui a su modeler, avec une grande sensibilité, les effets insolites de la lumière artificielle, a été le français d’origine suisse Félix Vallotton.

 

Les modèles de lampes qui accompagnent le texte sont un résumé de beaux échantillons de lampes de chevet, de lampadaires, de lustres ou d’appliques, réalisées avec différentes techniques et dans différentes
époques, entre la fin du XIXe et milieu du XXe siècle. Les styles à distinguer sont l’Éclectisme, l’Art Nouveau et l´Art Deco, où les abat-jours en forme de tulipes ou de nautiles, avec un traitement particulier en verre et en couleur, obtiennent des perceptions multicolores, une translucidité et une clarté de différentes
intensités.
Les dessins naturalistes de quelques modèles, comme celui d’un magnifique lustre en forme de papillon, assortit avec terres cuites d´un bureau où la femme devient la protagoniste principale. Dans l’école de Nancy, Majorèlle i Gallé ont créé un univers décoratif plein de plantes et d’insectes qui remplissent aussi les appareils d’éclairage. Gaspar Homar ou Joan Busquets ont dessiné quelques modèles de grande beauté , on trouvait aussi dans des magasins d’ébénisterie, des reproductions ou des objets décoratifs comme dans la Maison Masriera ou Esteva, Hoyos y Cia de Barcelone. De sa part, Louis Comfort Tiffany (1848-1933) a été l’un des dessinateurs et les plus créateurs et prolifiques, avec des méthodes nouvelles et imitées dans la manufacture du verre. La firme américaine a breveté la fenêtre en verre opalescente qui créait des effets tridimensionnels du nouveau matériel, ceci eu un grand succès. Une industrie artistique prospéra dans ses ateliers de New York où travaillaient plus de mille personnes,et où dominait sa fascination par la Nature.
Les lampes ont été fruit d’une coïncidence heureuse avec Thomas Edison, qui l’a fait penser que les ampoules électriques pouvaient s’appliquer avec succès à des lampes de petite et moyenne taille, avec les verres de couleurs qui tamiseraient la lumière de forme merveilleuse. Beaucoup d’autres fabricants se sont consacrés à la production d’appareils d´illumination.

 

Des poétiques de lumières qui, pour terminer, sont de belles sculptures – bibelot des coins des nouvelles situations dans des maisons ou dans quelconque collection qui les aceuille pour les sauver du naufrage [5].
[1] LFG, “Lampes” dans L ´espace privé. Cinque siècles en vingt mots, Madrid, Ministère de Culture, 1990, p. 215.
[2] Jane Brox, Brillant. The evolution of Artificial light, Boston-New York, Houghton Mifflin Harcourt, 2010.
[3] On compte avec la traduction de Julio Cortázar à l´espagnol dans Ensayos y críticas, Madrid, Alianza, 1973, pp. 214-221.
[4] Ibíd. P. 217.
[5] Lumina domestica c´est le nom du musée monographique dédie aux lampes á Bruges, propriété de la compagnie Eddy Van Belle. La collection privée ouverte au publique se compose de 6000 pièces.